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A.Lamarque : 17/06/2021



Retour sur la carrière de Charles Pic


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Pourquoi le prometteur Charles Pic n’a pas eu la carrière qu’il méritait en F1.

Deux saisons en Formule 1 et puis s’en va. La saison 2014 et le conflit avec Lotus F1 marquent la fin de l'aventure au plus haut niveau pour le Français Charles Pic, et ce malgré une tentative de relance en Formule E la saison suivante.

La destinée de ce pilote n'est pas à la hauteur des espérances placées en lui. En effet, ses débuts en karting puis en formule de promotion lui prédisent un brillant avenir. Le jeune Charles est alors très bien entouré notamment par son parrain Eric Bernard, ancien pilote de F1 du début des années 1990. Il est aussi soutenu par Renault à travers son programme Renault Driver Development (devenu Renault Driver Academy puis Alpine Academy cette année).

Lors de l’intersaison 2009/2010, Charles Pic profite du championnat asiatique de GP2 (un championnat ayant lieu avant la saison de GP2 en Europe) pour démontrer l’étendu de son talent. En effet, cette année-là en huit courses il monte sur deux podium dont une victoire.

Il accède alors à l’antichambre de la F1 (GP2 future Formule 2) lors de la saison 2010. Cette première saison commence de manière flamboyante. Jules Bianchi réalise la pole position mais c’est bien un autre français qui remporte la course principale ce jour là sur le circuit de Barcelone : Charles Pic.

Le reste de cette première année est moins glorieuse mais reste bonne pour un rookie. Il parvient même à accrocher un deuxième podium. Il termine l’année avec une encourageante dixième place au général. C’est donc tout naturellement que Pic va redoubler la catégorie pour y confirmer ses capacités.

La saison 2011 est bien meilleure pour le pilote français et confirme ses qualités. En effet, alors que Romain Grosjean écrase la catégorie, il finit quatrième du championnat à seulement deux points du second. Au niveau des statistiques, cette année-là il double presque tout : 2 victoires et 5 podiums pour passer de 28 à 52 points marqués.


Photo
Photo © GP2 media service


Le pilote évolue et signe avec Lagardère Unlimited pour son management (équipe de spécialistes dans les domaines sportifs, marketing et les médias pour la gestion de sa carrière). Ce changement lui permet, en plus de compléter son budget pour un futur siège en F1, de bénéficier tout au long de la saison des conseils de l’ancien pilote de F1 Olivier Panis. Il faut aussi noter la présence de Didier Coton , ancien manager de Mika Häkkinen, Lewis Hamilton, ou encore... Olivier Panis. Il participe aujourd’hui au management de Valtteri Bottas. L’ensemble des éléments sont réunis pour qu’il accède à la catégorie supérieure : soutiens financiers (Lagardère et le groupe familial l’un des poids lourds du transport en Europe), accompagnement et talent.

Cette année 2011 marque alors naturellement ses premiers contacts avec la Formule 1. Il participe aux essais réservés aux jeunes pilotes au volant d’une Marussia Virgin à la fin de la saison 2011. On retrouvera d’autres pilotes français bien connus : Bianchi, Grosjean et Vergne. Il signe très rapidement un contrat avec l’équipe pour la saison 2012.

La première saison de Pic en Formule 1, bien qu’en fond de grille avec l’une des pires voitures du plateau et de nombreux abandons, est bonne car il est en constante progression. En effet, le pilote français rivalise avec son expérimenté coéquipier en qualification dès le troisième grand prix de la saison puis très vite en course.


Photo Charles Pic
Photo prise par : MARUSSIA VIRGIN


Pic signe ensuite chez les Britanniques de Caterham pour la saison 2013. Il profite des difficultés financières du pilote titulaire Vitaly Petrov qui ne peut plus financer sa place en F1. De plus, le pilote français voit son budget renforcé car Renault pousse Total à augmenter son soutien financier. Il faut également ajouter que Renault motorise la future équipe de Pic et accorde donc des réductions sur la location du moteur. Enfin, on ne doit pas non plus négliger l’influence d’un sponsor de l’équipe : EADS (European Aeronautic Defense and Space). Ce dernier faisait alors partie du groupe Lagardère qui soutient Charles Pic. De son côté, l’écurie Caterham mise sur le pilote pour être le fer de lance de l’écurie pour les années à venir.

La saison 2013 se passe comme la précédente : dans l’anonymat du fond de grille malgré des progrès de l'écurie tout au long de la saison notamment en fiabilité.

Cette année marque aussi le début de la fin car le pilote n’est pas conservé par l’équipe même si le contrat annoncé devait durer plusieurs années. Il arrive à rester proche de la F1 en devenant pilote de réserve pour l'écurie Lotus F1. L’aventure avec cette équipe tourne court car elle est en pleine crise financière. Cette histoire amènera en 2015 le pilote à poursuivre l’écurie en justice pour non-respect des engagements du contrat notamment sur le nombre de journées d’essais. Le pilote obtiendra gain de cause et une compensation de 800 000 euros.

L’année 2015 voit le pilote tenter sa chance en Formule E sans résultat. Après cette dernière aventure en sport automobile, il devient consultant Canal+ avant de le voir s’investir pleinement dans l’entreprise familiale : le groupe Charles André.

Malgré tous les ingrédients pour réussir au plus haut niveau du sport automobile : talents, soutien financier et encadrement, Charles Pic n’a pas pu se maintenir en F1. La faute au piège de nombreux pilotes qui accèdent au plus haut niveau mais qui n'arrivent pas à se sortir du fond de grille et finissent par être oubliés. L’aventure se termine alors par lassitude des sponsors ou par le choix d’une écurie en plein crise par exemple. Le pilote perd alors sa place. Une fois les portes de la F1 refermées, elles ne s'ouvrent quasiment plus jamais.

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