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A.Lamarque : 09/09/2021



Interview : Angélina Favario à la recherche de sponsors


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Ce week-end Angélina Favario dispute la 4ème manche du championnat de F4 FFSA à Lédenon (Compétition tremplin pour les jeunes talents qui souhaitent effectuer leurs premiers pas en sport automobile juste après le karting. C’est le premier échelon de la monoplace. Le sommet étant la Formule 1) mais la jeune espoir française est coupée dans son élan vers les sommets de la monoplace par la perte de ses sponsors. La pilote se bat pour trouver des financements afin de pouvoir finir sa saison au volant d’une monoplace. Lien vers la cagnote

Échanges sur un début de carrière mouvementé.

Antoine Lamarque : Après trois week-end de course, quel bilan tires-tu de ta saison de formule 4 ?

Angélina Favario : Pour que ça soit ma première saison contrairement à beaucoup qui redoublent, je suis vraiment très contente des performances de la voiture et de moi-même. Je me sens hyper bien dans la voiture et puis c’est hyper important qu’on soit à l’aise car c’est ça qui fait tout, vu que c’est la voiture que l’on a toute l’année. Je me sens à l'aise et je suis vraiment dans mon milieu quand je suis dans ma voiture. C’est vraiment ça que j’aime et j’ai fait de belles progressions jusqu'à aujourd’hui donc je compte vraiment encore me donner à fond et progresser au maximum pour pouvoir continuer ces dernières courses et puis j'espère trouver des sponsors pour refaire une saison de Formule 4 l’an prochain.

AL : Chez FranceRacing tu annonçais viser la dixième place puis le titre l’an prochain. Tu me parlais de tes progrès. Que te manque-t-il pour aller chercher ce premier podium ?

AF : Ce qui me manque c’est l'entraînement. C’est toujours pareil, les autres ont beaucoup plus d’argent et s'entraînent énormément contrairement à moi, les sponsors m’ont lâché. Nous avec mes parents c’est compliqué de déjà finir cette saison alors encore moins de pouvoir s'entraîner. C’est ça qui me manque vraiment parce que la détermination, le mental et le physique je l'ai. Du moins, je fais tout ce qu’il faut pour y arriver de cette façon puisque c'est la seule chose que je peux donner sans payer. Malheureusement c’est un sport cher et même si on a du talent ça ne suffit pas donc c’est ce qui me manquerait.


Angelina Favario lors du week-end à Magny-Cours (photo de Alicia Quenard)

Al : Lors de ton arrivée en F4, il y a eu beaucoup d’articles puisque tu as le satut de seule femme de la catégorie. Tu évoques également dans des interviews la recherche constante de sponsor. Cette mise en lumière t'a-t-elle permis d’accéder à de nouveaux budgets et de nouveaux sponsors pour ta saison ?

AF : Pour être tout à fait honnête, je pensais que le fait d’être une femme justement, ça allait pouvoir attirer beaucoup d’attention. En effet, ça m’a attiré beaucoup de médias, d'interviews, de télés, de radios, de journaux etc.. Là il n’y a pas de soucis je suis débordée là dessus. Les gens s'intéressent beaucoup à ça. Par contre, financièrement c’est un peu plus difficile car, en France, il n’y pas beaucoup de gens qui misent sur le fait d’être la seule femme. J’espère que ça va changer et après, évidemment, il faut que je sois devant. Je suis tout à fait réaliste, il faut que je me donne les moyens d’avoir les sponsors.

Al : Tu as annoncé récemment que tes sponsors ne te suivaient plus. Peux-tu nous raconter ta relation avec ces derniers jusqu'au point de rupture. Tu as vu venir ces difficultés ?

AF : C’est difficile d'en parler. Il faut que je fasse attention à ce que je dis. J’ai appris il y a peu que mes sponsors m'avaient lâché en milieu de saison. J’ai fait trois meetings et il m’en reste quatre. A la dernière minute, miraculeusement, j’ai su que je pouvais faire la course de ce week end à Ledenon. J’espère trouver des sponsors pour les prochaines courses. Maintenant ça ne dépend plus que de ça. J'espère trouver les fonds pour y arriver. C’est pour ça que j’ai lancé cette cagnotte pour pouvoir m’aider. Je suis hyper contente d’avoir réuni plus de trois mille euros en deux jours. J’espère que ça va continuer à attirer les gens et qu’ils pourront m’aider autant qu’ils peuvent. J’en serai éternellement reconnaissante. C’est eux qui m’ont poussé à faire cette cagnotte. Ce sont mes abonnés qui m’ont dit : “tu devrais faire ça et ça serait nous tes sponsors”. J’étais super ravi et je l’ai fait ! Et puis effectivement, il y en a beaucoup qui ont donné. Chaque somme est importante. Il n’y a pas de somme minimum c’est ça qui est bien, plus y a de gens mieux c’est ! Je les remercie tous pour ça parce qu'au final, je pense que ce qui est important c’est les fans. Les fans eux me donnent plus d'attention que des gros sponsors qui me lâchent en milieu de saison.

Al : Tu vas pouvoir rouler ce week-end, comment as tu fait avec tes parents pour assurer une continuité ?

AF : C’est grâce à mes parents et au soutien de la fédération toute l’année. Personne en dehors des proches n'a fait un effort.

Al : Tu as lancé une cagnote de 40 000 euros pour aller au bout de la saison. Concrètement, que va financer cette somme ?

AF : Avec cette somme, j’aimerais déjà finir les courses avant tout et pouvoir faire des entraînements surtout. C’est vraiment l’objectif qu'il me faut. La date limite est au 20 septembre pour donner le coup d'envoi puisque c’est le dernier délai pour financer ma saison. J’espère que beaucoup de gens vont voir cette date et m’aideront comme ça en fonction de leurs moyens bien sûr.


Capture d’écran de la cagnote leetchi

Al : Un message pour tes futurs sponsors ?

AF : Je cherche des sponsors continuellement comme tout sportif de haut niveau. Je mets beaucoup en avant le fait que je sois la seule femme dans le championnat de France cette année en Formule 4. Je ne m’en rends pas compte car je le vis au quotidien. Du coup de l’extérieur, on est quatorze pilotes en France et moi je suis la seule femme. Je trouve ça incroyable. Je fais énormément de communication sur les réseaux sociaux et je commence à avoir une certaine notoriété notamment dans ma région (Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes). Je fais beaucoup de communication et je pense que ça peut aider à trouver aussi des sponsors parce que l’avenir c’est les réseaux sociaux. C’est tout ce que je peux dire et évidemment plus je m’entraîne plus je ferai des résultats. C'est un peu le chat qui se mord la queue parce qu’au final, il faut des résultats pour trouver des sponsors mais il faut des sponsors pour faire des résultats. On ne s'en sort jamais. De mon côté, vous pouvez demander à tout le monde dans mon entourage, je suis vraiment déterminée et je ferai tout pour y arriver. Avec mes parents, on se donne tous les moyens. D’ailleurs, je remercie mes parents parce que sans eux je n’en serais pas là. C'est super important à l’heure actuelle d’être bien accompagné et j’ai beaucoup de chance pour ça.

Al : Pour conclure, un mot de remerciement à ta communauté pour le soutien qu’elle t’a donné ?

AF : Un mille merci aux abonnés qui m’ont poussé à faire ça et qui ont donné. C’est facile à dire mais beaucoup de fois les gens me poussent mais au final ne partagent pas ma cagnotte ou ne mettent pas d’argent et beaucoup d’entre eux l’ont fait donc je suis vraiment très reconnaissante de ça. Je n’aurais pas pensé qu’autant de gens me suivent et me soutiennent. J’ai reçu extrêmement mais extrêmement beaucoup de messages bienveillants et de soutien de leur part. J’ai été impressionnée parce que souvent je me suis dis je vais perdre des abonnés, les gens vont croire que c’est fini alors que pas du tout. Ils m’ont vraiment motivé à continuer et c’est en partie grâce à eux si je continue cette aventure et que je réussi parce que le soutien c’est super important mentalement. ça m’aide beaucoup donc je voudrais énormément les remercier pour ça et aussi mes parents qui sont là depuis le début, qui me suivent et qui croient en moi donc c’est les principales personnes qui m’aident à l’heure actuelle. Et évidemment, la fédération française du sport automobile.

Lien vers la cagnote


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